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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 00:22

Nous y sommes, la fin de l’ours dans les Pyrénées Occidentales est acté, du moins le croit-on.

 

Les associations vont monter au créneau une fois de plus, une fois de plus pour rien et les opposants se feront des gorges chaudes de la décision ministérielle, c’est Jean qui rit et Gens qui pleurent, mais au fond nous y perdons tous aujourd’hui, dans l’immédiat ; tous sauf peut-être l’ours, aussi paradoxal que cela puisse paraître.

 

En effet, la réintroduction d’UNE ourse aurait-elle permis de maintenir l’espèce dans cette partie du massif ? On peut en douter. Une seule femelle, non désirée par les éleveurs et les chasseurs, cela fait deux raisons suffisantes pour convaincre toutes personnes honnêtes que l’on était en présence d’une vrai fausse solution.

 

Et de s’interroger encore : La décision de ne pas relâché une ourse est-elle une bonne ou une mauvaise nouvelle ?

Vis à vis des deux mâles qui restent c’est évidemment une mauvaise nouvelle, mais pour celle qui devait être “l’heureuse élue”, l’émigrer de force dans le contexte actuel était faire peu cas de l’animal, de l’individu qu’est cet animal, unique comme tout être vivant. En effet, sa venue aurait satisfait notre désir de savoir des ours ici présent, mais les opposants n’auraient pas manqué de lui faire la fête : harcèlements, poisons voire pièges, tirs, et son voyage de noce de se clore par une mutilation, un accident ou une mort prématuré. Vous parlez d’un cadeau de mariage !

 

 A l’hypothèse douteuse (à laquelle j’ai voulu croire, je l’avoue), qu’une femelle et deux mâles suffiraient à créer une dynamique susceptible d’entrer naturellement en contact dans le futur avec la faible population ursine située en Pyrénées centrales, il fallait inclure « avec l’assentiment des hommes ». Or, tel n’est malheureusement pas le cas en ce 21ème siècle qui prétend s’ouvrir des plus belles intentions envers la biodiversité. Intentions auxquelles manquent les actions à la mesure de ce que doit être LA biodiversité, c'est-à-dire LA VIE dans tout son foisonnement et sa sauvagerie, sa splendeur et son mystère.

 

Et de s'intérroger enfin sur la façon dont nous avons oeuvrer auprès de nos contemporains pour défendre Artza : Pédagogies, littératures, aides financières, aides matérielles, actions en justice. Le panel était large, tout y est passé semble t-il, sans réussite. Hormis en Pyrénées centrales où l'acceptation semble meilleure sans pour autant faire l'unanimité. 

 

Où avons nous péché ? Est-ce dans la manière ? Est-ce l'époque, la conjoncture, qui n'ont pas été propices ? Est-ce la multiplicité (la dispersion) des actions qui a nui ? Est-ce plus profond ? Existe t-il seulement une solution ?

 

Nonobstant, le résultat est là, affligeant, un constat d'échec qui impose une analyse.  

 

Avec la récente décision de l’Etat français, négative et anti nature, nous atteignons le seuil critique, pourtant elle peut avoir pour effet, non escompté, de servir l'ours.

 

Cherchons le positif d’une telle décision et portons le au delà du combat en faveur d'une espèce, aussi emblématique soit-elle.

 

Se restreindre à la défense de quelques espèces n'est-il pas une erreur ? Ne doit-on pas voir plus globalement ? Inclure l'homme et la place positive qui doit être la sienne au sein du règne animal ? Cela mérite réflexion je crois. S'arcbouter autour de quelques espèces "parapluie" est trop réducteur, coupe automatiquement des liens, morcelle notre raisonnement et demande une gestion humaine trop interventionniste. C'est une explosion de vies qu'il faut, en tout sens, et non de sanctuaires bien délimités qui ne feront guère longtemp illusion.     

 

Oui, nous les hommes, sommes individuellement et collectivement responsables de ne plus savoir vivre avec les autres êtres vivants. Puisse la situation dans laquelle nous avons mené l’ours des Pyrénées, faire rejaillir du plus lointain de notre histoire, du plus profond de notre mémoire, notre lien filial à la terre, notre rapport fraternel avec la nature.

 

Souvenons-nous, l'homme a tout d'abord déchu l'ours, notre premier Roi, notre premier Dieu, pour ensuite le pourchasser. Insidieusement, sur la durée, cela à modifier nos mentalités jusqu'à considérer normal l'exclusion du sauvage dans notre quotidien. Nous nous sommes isolés.    

 

Catastrophes technologiques, démographie humaine, manipulation du vivant… Nous avons mis en doute nos sens, perdu l’intuition, refoulé notre part de naturalité, dénigré l’héritage de nos lointains ancêtres et fermé nos cœurs et nos âmes au profit d’un monde artificialisé, égoïste et destructeur. Tel que l’homme pense et agit aujourd’hui l’ours des Pyrénées ne pouvait finalement être sauvé. Il faut se rendre à l’évidence, nous avons échoué, tous ensemble. Il est temps de revoir notre copie, d'aborder la défense de l'ours différement, dans un ensemble cohérent.   

 

A l’approche du néant, doit poindre l’éveil des consciences.

 

Ursus est mort et nous aussi un peu, mais il renaitra, l’Homme à ses côtés, ensembles, libres, dans toute leur dignité.

 

Michel CHALVET

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commentaires

Marie dentelle 17/06/2011 20:11


Bravo Micchel pour cette analyse très intéressante, courageuse et pour ce bel article, j'ai été touchée ...

Je pense à toi pour tes travaux. Je demande des conseils, etc.

Bises,
Marie


Michel CHALVET 17/06/2011 21:08



Merci Marie,


Je crois que nous n'écoutons jamais assez les messages qui nous parviennent du plus profond de notre être, nous intellectualisons trop, même s'il le faut nécessairement un peu pour analyser
lucidement. Mais il est aussi nécessaire de ressentir, c'est pourquoi j'ai laissé une large part à celà dans ma réaction. Le ressenti et surtout l'honnêteté. N'ayant pas la plume aisée, j'écris
peu sur mon blog, c'est aussi bien ainsi. Ecrire peu mais écrire avec sincérité.